Muse Sacrée

Publié le par Club InterCulture

Pourquoi cette page ?

 

Pour mieux ouvrir l’appétit de lecture de nos bloggeurs , l’équipe de travail se propose d’initier ses adeptes à mieux savourer les délices succulents de la poésie, en mettant entre leurs mains un bouquet de poèmes riches en couleurs et variés en thèmes, qui ont été écrits par une pléiade de poètes illustres dont les noms ainsi que  le florilège de produits sacrés ,dictés soigneusement par leurs saintes muses prodigieuses, resteront gravés à jamais dans les jeunes esprits. Ces torches ardentes, assoiffées d’une littérature abondante et féconde venue tout droit de la Tunisie, terre idôlatrée de rencontre et  véritable Carrefour  d’interculturalité, du pays de l’Hexagone des Lumières ou d’Ailleurs, s’enivreront de cette Poésie, sève substantielle et élixir divin enivrant  toutes  les âmes.

         

Remarque :

Les poèmes s’ajouteront au fil des jours et s’épanouiront au gré des circonstances sans manquer aucunement au devoir d’embellir cet adorable bouquet  toujours verdoyant sans jamais flétrir.

 

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Osiris ou la fuite en Égypte

 

 

C'est la guerre c'est l'été

 Déjà l'été encore la guerre

 Et la ville isolée désolée

 Sourit sourit encore

 Sourit sourit quand même

 De son doux regard d'été

 Sourit doucement à ceux qui s'aiment

 C'est la guerre c'est l'été

 Un homme avec une femme

 Marchent dans un musée désert

 Ce musée c'est le Louvre

 Cette ville c'est Paris

 Et la fraîcheur du monde

 Est là tout endormie

 Un gardien se réveille en entendant les pas

 Appuie sur un bouton et retombe dans son rêve

 Cependant qu'apparaît dans sa niche de pierre

 La merveille de l'Égypte debout dans sa lumière

 La statue d'Osiris vivante dans le bois mort

 Vivante à faire mourir une nouvelle fois de plus

 Toutes les idoles mortes des églises de Paris

 Et les amants s'embrassent

 Osiris les marie

 Et puis rentre dans l'ombre

 De sa vivante nuit.

 

Jacques PREVERT

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Ce coeur qui haïssait la guerre...


Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.

Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs
battant comme le mien à travers
la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l'ombre
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.

Robert Desnos, Destinée arbitraire 1975

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Chant

Vie et mort se confondent.
Où mène la passerelle dans le jardin ?
A la palabre de la douleur et du saxophone ?
Au silence dont les rhizomes grattent l’argile du chemin ?
 
Nuit et mer, elles aussi, se mélangent.
L’archéologue de la mémoire s’attable avec l’ange marin.
- Drôle de nom pour un captif qui se mange ! -
Ou est-ce manière d’apprivoiser l’enfant-chérubin ?
 
Toi venue sous l’exacte Balance dans la nuit magique du chant africain.
Je distille avec tact la fleur de ton visage.
M’ensoleille au pollen de ton masque aérien.
Je navigue à la boussole de ta voix,
dans le sel du sommeil.
Danse le feu jubilatoire du désir intact.
Et je ruisselle oiseau-phalène de la lumière
dans le noir archipel de tes mains.
 
 
                                             Moncef Ghachem
                        Mention spéciale du Jury du Prix Senghor 2006
                                      Sidi-Bou-Saïd, le 17/01/08

 

Publié dans POESIE ETERNELLE

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Chermiti 16/06/2009 00:38

Je crois que ce blog nous aidera à consolider nos acquis et à savourer davantage la langue française

TUNISIEN 16/06/2009 00:45


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