bac blanc A.Régime ( corrigé)

CORRIGE DE L’EXAMEN D FRANCAIS - Mai 2008

 

I/ ETUDE TEXTE :

 1- Le grand-père invoque plusieurs raisons afin d’empêcher son petit fils de choisir le métier d’écrivain. Tout d’abord, il évoque sa rencontre avec le fameux poète Verlaine qui était «  soul comme un cochon »(l.6-7) en entrant dans un bistrot pour y extirper de l’argent à ceux qui voulaient «  voir la lune ». Cette scène l’a poussé à détester ces «  écrivains professionnels » à l’esprit mercantile qui pour «  un louis d’or» manquaient à leurs réputations et leurs loyautés. De plus, ce vieillard  était convaincu que «  la littérature ne nourrissait pas » (l.14-15) puisque plusieurs écrivains célèbres ont vécu dans une misère noire et  «  étaient morts de faim » (l.15) alors que d’autres «  se sont vendus » carrément  pour des causes mesquines. C’est une raison largement suffisante pour pousser Charles à croire que la littérature ne permettrait jamais à son petit fils de «  garder son indépendance. ».(16)

 2) Charles propose à son petit fils un deuxième métier : c’est le professorat « qui laissait des loisirs » (l.17)

  3) Le narrateur ne semblait pas s’attendre à une telle proposition  de la part de son grand-père. Cependant, Il n’avait aucunement l’intention de céder à la pression de ce dernier. En fait, il a fini  par « boucher les oreilles » quand son Charles s’acharnait à le combler de louanges sur ses vertus et « [feignait] de l’écouter » (l.26-27). Les questions à la fin du texte permettent de dire que l’enfant se révoltait intérieurement  contre ce patriarche car il n’était pas prêt à suivre ses conseils, et qu’il était bien déterminé à réaliser son rêve : «  Par quel malentendu lui ai-je fait dire le contraire de ce qu’elle- l’oreille-  prétendait m’apprendre ? » (l.28-29)

4) Pour mieux mettre en lumière l’avenir rayonnant que le grand- père prétendait préparer à son petit fils, l’auteur a recouru à différents procédés d’écriture dont on peut citer :

- La présence des fausses interrogations : (« savais-je que des écrivains fameux étaient morts de fuir ? Que d’autres pour manger, s’étaient vendus ? ») (l.15-16). Ici, les fausses questions sont employées pour mieux dissuader l’enfant et le pousser à renoncer à son projet en insistant sur la misère noire dans laquelle se sont noyés des écrivains illustres à tel point que certains parmi eux «  se sont vendus »  pour des sujets futiles ou pour survivre et subvenir à leurs besoins. Ceci lui permettrait de préparer psychologiquement le narrateur à accepter le métier de professeur qu’il lui proposerait dans la suite du texte.

- L’emploi de l’accumulation : « Je me distrairais de ma solitude provinciale en composant des poèmes, une traduction d’Horace en vers blancs, je donnerais aux journaux locaux de courts billets littéraires, à la revue pédagogique un essai brillant sur l’enseignement du grec un autre sur la psychologie des adolescents » (l.21-24).Par ce procédé, le grand-père énumère à son petit fils les  différents avantages et les différentes activités que lui réserverait le professorat sans pour autant avoir besoin  de suivre la carrière d’écrivain qui le priverait de ces différents plaisirs.



 

I/         CORRECTION DE L'  ESSAI:

II/ 

Sujet :

Comme le grand-père du narrateur qui voulait intervenir dans les choix de son petit fils, certains adultes prétendent encore que « la génération des nouvelles technologies est,  sur plus d’un plan, incapable  de réaliser ses objectifs et de devenir célèbre » sans leur intervention.

Qu’en pensez-vous?                                                             

 

Rédigez un texte argumenté en vous référant à des exemples tirés de vos lectures personnelles  et/ou de votre culture générale. /.

 

Rédaction :

 

La nouvelle génération semble dessiner le portrait d’une planète étrange. Une planète dont elle le centre et où le «  je » s’impose à tous. En effet, les jeunes d’aujourd’hui paraissent former des rêves et des desseins totalement différents de ceux des adultes qui ne sont, en fait, séparés d’eux qu’à une génération d’écart. Cependant, certains adultes prétendent que « la génération des nouvelles technologies est,  sur plus d’un plan, incapable  de réaliser ses objectifs et de devenir célèbre » sans leur intervention.

 

Qu’est qui caractérise d’abord les jeunes du XXIème siècle ?

Peut-on affirmer, cependant, que les jeunes n’ont aucune chance de s’épanouir et de s’affirmer dans une société en perpétuelle mutation, sans le soutien des adultes ?

           

Plusieurs personnes affirment que la nouvelle génération «  née une souris à la main » a l’air de prendre ses distances avec le monde des adultes jugé trop idéaliste ou trop paternaliste. C’est la « génération digitale qui a pour animal de compagnie cette souris magique », comme on se plaît à la surnommer se dit entièrement fière de créer son propre univers grâce aux  opportunités offertes par les nouvelles technologies. Pourtant, « les âmes chagrines », comme ils disent craignent que ces technologies ne les renferment dans un monde virtuel. Bien au contraire, Il n’en est rien pour ces jeunes têtes. Ils ne voient là qu’une attitude très démodée  qui ne croit pas ne croit pas réellement en la force du progrès, mais elle est aussi paternaliste puisqu’elle traduit  une inquiétude fondée sur les utopies les plus vieilles de protection et de contrôle qui ne leur permettront jamais d’atteindre l’âge de maturité ou de voler de leurs propres ailes. Pour cela, on les trouve indisposés à revivre la même mésaventure qu’un Romain GARY qui parlait toujours dans son roman  La Promesse de l’Aube  d’une « vocation manquée » pour la peinture à cause de l’intervention de sa mère trop autoritaire qui a fini  par le dégoûter de suivre la carrière de peintre  Jean Paul SARTRE,  l’auteur de Les Mots, n’aurait  pu ,de sa part, jamais réussir à devenir cet écrivain fameux s’il avait cédé aux intentions de son grand-père qui le préparait à un avenir qui ne répondait pas à ses désirs.. Pour revenir au monde des nouvelles technologies maintenant, les jeunes affirment  tout simplement exploiter ces trésors pour communiquer, échanger, jouer, créer de nouvelles communautés et saisir des opportunités d’or de travail. La technologie fait, dorénavant, partie de leur vie, de leur passion. Elles sont inscrites dans leur quotidien, dans leur sang. Ils bloguent, ils chattent. Leur carte de visite, c’est leur « play-list ». Ils n’ont plus besoin d’aller vers le monde, le monde vient à eux, sur leur écran d’ordinateur.  Dans ce cas précis, on peut citer l’exemple de ces jeunes acteurs tunisiens en herbe  qui ont réussi à côtoyer les grands en représentant leur pièce au Festival Off d’Avignon, en juillet dernier. Il leur a suffi de naviguer sur le Net pour que les portes de célébrité leur soient ouvertes et que leurs vœux soient exaucés !

 

Sur un autre plan, certains jeunes se plaignent de ce que des adultes les qualifient de mineurs incapable de monter le moindre projet tous seuls. Pour cette raison, on trouve que dans le domaine de l’entreprise, à titre d’exemple, plusieurs jeunes ont commencé  à se boucher les oreilles quand les sceptiques s’acharnent à les démotiver  en prétendant que  le manque d’expérience implique un déficit de crédibilité et un manque de confiance aux yeux des clients ou des banquiers Cependant, les parcours de plusieurs entrepreneurs est, à leurs yeux, fort révélateur : avec un  état d’esprit de battant et d’ingéniosité, la réussite dans la création d’entreprise s’est avéré à la portée de beaucoup. Il suffit de ne jamais perdre les trois clés de réussite suivantes : l’ambition, l’enthousiasme et la ténacité.» C’est grâce à ces trois qualités que l’on a entendu parler de plusieurs jeunes managers qui, en créant leurs propres entreprises, deviendront un jour aussi  fameux que Bill GATES ou Ahmed EL FAYED .

 

 

       

          Cependant, beaucoup d’adultes qualifient la nouvelle génération d’orgueilleuse et d’aveuglément confiante en elle-même et en ses prédispositions. Il s’étonnent de ce qu’on imagine tout avoir, tout faire, tout savoir et qu’on a plus besoin des «  vieux ».On se croit roi du monde et qu’on règne sur «  google.earth » ! Or, la désillusion peut être cruelle  quand « la génération Net » se heurterait à la réalité pour se trouver parfois et paradoxalement impuissante à s’affirmer dans la société ou dans le marché de l’emploi à cause de la dévalorisation des diplômes dans certains cas ou du spectre de la mondialisation qui hante les esprits des demandeurs du travail par son lot d’inégalité et d’injustice.

          D’autres encore la «  génération Web » d’être frivole et indécise. Ces derniers disent que  les jeunes du XXIème siècle  sont reliés à tout, attachés à rien. Leurs goûts, leurs musiques mêmes, leurs idoles sont éclectiques car ils passent facilement du Rock au Rap et de FAIROUZ  à CHAKIRA que dire alors de faire les  bons choix quand il s’agit de leurs avenirs ! Beaucoup d’adultes ne cachent pas  aussi leur amertume de voir certains jeunes « face-bookés » couper le cordon ombilical les attachant à leurs parents, à la césarienne, tout simplement par défi et par entêtement ! Ils trouvent, par ailleurs,  que les enfants des nouvelles technologies sont tout bonnement d’un angélisme absurde puisqu’il n’ y a aucune garantie que la technologie les rendra plus créatifs ou leur apprendra à compter réellement sur eux même. La création des blogs est, dans ce contexte, très significative dans la mesure où plusieurs adeptes de l’informatique, sont généralement condamnés à choisir parmi des designs prédéfinis, ce qui tue en eux l’esprit d’innovation et d’initiative. Par conséquent, l’assistance d’un senior spécialiste en la matière  devient indispensable pour mieux les initier au domaine.

Pour ce qui est du travail maintenant,  les adultes ont la certitude que  jamais les jeunes  ne peuvent se passer de leurs expériences et de leurs secours. Le monde de l’entreprise leur donne tout à fait raison pour se confiner dans leur conviction. En fait, il s’avère que rien ne vaut le soutien d’un parrain bien introduit dans ce monde pour pallier le manque d’expérience des jeunes entrepreneurs. D’ailleurs, les jeunes qui ont réussi à créer une entreprise viable sont souvent ceux qui ont mis leur ego de côté et accepté d’associer un senior au capital, convaincu que cette démarche ne peut qu’inspirer confiance aux investisseurs et aux fournisseurs. S’agissant aussi de ces amateurs de théâtre talentueux, l’on se pose la question s’ils auraient pu vraiment la chance de réaliser leurs rêves sans l’intervention des adultes qui auraient déployé tant d’efforts pour s’occuper de leurs dossiers et faciliter leur voyage ?

 

            En résumé, il est clair que les jeunes d’aujourd’hui ont tous les atouts pour se frayer les chemins des grands et devenir célèbres dans plus d’un domaine. Néanmoins, il est aberrant de prétendre qu’ils peuvent toujours parvenir à ce rang sans jamais avoir besoin de l’aide des parents dont certains devraient, de leur part, s’approprier parfois l’art et la manière de faire éclore les jeunes talents et favoriser leur épanouissement. / Ecrit par Atef AYED

 

 

 

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